31 mar. 2021
Crise sanitaire : les résidences secondaires ont la cote
La crise sanitaire donne envie de grand air. À la fin du premier confinement, 25% des Français souhaitaient acquérir une résidence secondaire, selon un sondage OpinionWay réalisé pour Orpi l'été dernier. Ce désir s'est concrétisé depuis, sans provoquer pour l'instant de tendance inflationniste, comme le révèle le baromètre LPI-SeLoger.
La crise sanitaire donne envie de grand air. À la fin du premier confinement, 25% des Français souhaitaient acquérir une résidence secondaire, selon un sondage OpinionWay réalisé pour Orpi l'été dernier. Ce désir s'est concrétisé depuis, sans provoquer pour l'instant de tendance inflationniste, comme le révèle le baromètre LPI-SeLoger. 

Le prix des résidences secondaires au premier trimestre 2021 est en effet resté stable, avec une légère augmentation de 0,68% en un an sur l'ensemble du territoire. Dans le détail, certaines régions ont néanmoins connu une hausse. Notamment en Alsace (+14%), en Picardie (+8%) ou en Languedoc-Roussillon (+6%). D'autres enregistrent à l'inverse une baisse, dont la Lorraine ou la Franche-Comté (- 4,5%). 
 

 

Un "désir d'extérieur" qui séduit les quadras 

 

Apparaissent également de nouvelles tendances provoquées par la pandémie. "Il y a un vrai désir d'extérieur. Nous observons une augmentation de 45% du critère 'maison' dans les recherches depuis un an", explique Christine Fumagalli, présidente du réseau Orpi. Autre évolution, le rajeunissement des acheteurs. Il s'agit souvent de quadragénaires exerçant leur profession en télétravail et optant pour la birésidence. Me Violeau, président de l'Institut notarial de droit immobilier, abonde : "Le terme de résidence secondaire tel qu'on l'imagine, dans un lieu de villégiature, devient presque obsolète. Il s'agit plutôt d'une résidence principale bis, souvent proche des métropoles." Les données de l'Insee confirment cette tendance : "En s'intéressant aux liens entre propriétés et données mobiles, nous avons observé une plus grande utilisation des résidences secondaires dans certaines parties du territoire", explique Pierre Lamarche, qui dirige la division logement. 

Ces nouvelles tendances n'effacent pas une réalité plus contrastée. Lorsqu'on observe de plus près les 3,6 millions de résidences secondaires – soit 10% du parc de logement national –, le mirage de la maison en pierre au bord de mer se dissipe : 23% de ces logements se situent dans des villes de plus de 100 000 habitants selon l'Insee et, selon les données des notaires, 44% sont en fait des appartements. "
Les propriétés du bord de mer et en montagne coûtent cher. Il est plus avantageux d'opter pour la copropriété", poursuit Me Violeau.  

 

Le coût d'une résidence secondaire, un frein à l'achat


Un quart des propriétaires vont jusqu'à envisager de permuter leur résidence principale. Cette bascule pourrait s'accentuer à l'avenir, car elle concerne plus d'un tiers des porteurs de projet d'achat. Mais ce sondage dément pourtant le mythe de la birésidence rapprochée. Une moitié des propriétaires doit effectuer trois heures ou plus de trajet pour parcourir la distance entre leurs deux logements. Seuls 12% y parviennent en moins d'une heure. Certains s'inquiètent en outre des frais liés à cette seconde propriété et réfléchiraient à les mettre en location pour en amortir les coûts. Mais rares sont ceux qui s'y résolvent. D'autres encore ont le sentiment que leur résidence les empêche de partir. Leur désir d'ailleurs en pâtit.
 


Source : Le Journal du Dimanche / Reproduction Interdite. 
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Crédit photo : Viviana Couto - Unsplash 
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